coiffeur › À savoir › Cheveux crépus et bouclés : la routine, les tresses, la coupe
Porosité plutôt que classification, démêlage humide, ordre d'application, coiffures protectrices et coupe à sec : les gestes qui ne figurent pas dans les conseils capillaires généralistes.
Les cheveux crépus et bouclés sont majoritaires dans une bonne partie de la clientèle casablancaise, et ils sont pourtant traités comme un cas particulier dans la plupart des conseils capillaires. Ce sont surtout des cheveux dont la forme — la fibre est elliptique et s'enroule — crée des points de courbure plus fragiles. Tout ce qui suit découle de là.
Les classifications en 3a, 4c et autres servent à discuter sur les réseaux, pas à choisir un produit. Le paramètre utile est la porosité : la vitesse à laquelle le cheveu absorbe l'eau et la vitesse à laquelle il la perd.
Un cheveu peu poreux met longtemps à se mouiller et repousse les produits, qui restent en surface : il a besoin de chaleur pour faire pénétrer un soin — serviette chaude, bonnet, ou simplement la douche. Un cheveu très poreux boit tout, sèche vite et redevient sec dans la journée : il a besoin qu'on scelle l'hydratation avec une matière plus grasse.
C'est là que se perdent les longueurs, pas au coiffeur.
L'eau hydrate ; le reste empêche l'eau de partir. D'où la séquence : cheveu mouillé, puis un soin sans rinçage à base d'eau, puis une huile ou un beurre pour sceller, puis éventuellement une crème coiffante. Inverser l'ordre revient à huiler un cheveu sec, ce qui le fait briller sans l'hydrater.
Le lavage : un shampooing doux, ou un lavage au soin, une fois par semaine à une fois tous les dix jours selon le cuir chevelu, l'activité et la saison. Un shampooing clarifiant une fois par mois pour retirer le calcaire et l'accumulation de produits — à Casablanca, cette étape n'est pas facultative.
Tresses, box braids, nattes collées, twists, tissages, perruques et locks : toutes reposent sur la même idée, mettre les pointes à l'abri pendant quelques semaines. Elles protègent vraiment, à trois conditions.
<b>Ce ne doit pas tirer.</b> Une tresse qui fait mal, qui soulève la peau ou qui donne des petites boules blanches à la racine est trop serrée. La traction répétée dégarnit les tempes et les contours, et cette perte-là n'est pas toujours réversible. Dites-le pendant la pose, pas trois jours après : une coiffeuse professionnelle desserre sans discuter.
<b>Ça ne se garde pas indéfiniment.</b> Six à huit semaines sont la limite couramment conseillée. Au-delà, les repousses tirent, les nœuds se soudent et la dépose casse.
<b>La dépose compte autant que la pose.</b> Elle se fait avec un produit glissant, section par section, sans tirer, et elle prend du temps. On lave, on démêle et on fait un soin profond avant de reposer quoi que ce soit — pas le même jour.
Un défrisage casse définitivement la structure du cheveu : la partie défrisée ne redeviendra pas crépue, elle repoussera crépue à la racine. La zone de jonction entre les deux textures est le point faible, et c'est là que ça casse pendant une transition.
Deux chemins, également valables : couper court d'un coup, ou garder les longueurs et couper progressivement pendant un an ou deux en soignant la jonction. Dans les deux cas, pas de chaleur forte, et des coiffures qui uniformisent les deux textures — twists, vanilles, tresses — pour traverser la période sans se battre chaque matin.
Un cheveu crépu ou très bouclé rétrécit beaucoup en séchant. Coupé mouillé, le résultat sec n'a plus la forme prévue. C'est pourquoi les salons spécialisés en boucles coupent à sec, boucle par boucle, et pourquoi ce service coûte plus cher qu'un coup de ciseaux classique : il prend plus longtemps.
Les salons spécialisés existent et ne se trouvent pas tous dans les mêmes quartiers. Le Maârif concentre à la fois des salons afro et un bar à boucles qui travaille la coupe à sec. On trouve également des salons afro à Bourgogne et vers El Hank, à Riad Oulfa, et sur le boulevard Mohammed V. Dans l'ancienne médina, du côté de Bab Marrakech, des coiffeuses subsahariennes travaillent sans salon fixe à des tarifs nettement inférieurs à ceux des instituts — un reportage de la presse marocaine en janvier 2023 évoquait un rapport de quatre à cinq fois.
Un salon afro du Maârif affichait en octobre 2026 les tresses à partir de 300 DH et les nattes à partir de 50 DH ; un barbier de Racine affichait le défrisage à 250 DH. Ces montants sont des points de départ, et l'écart jusqu'au prix final vient de :
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